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Auprès de Michael Hartmann, responsable technique des produits et des projets de la société eSaver GmbH

Auprès de Michael Hartmann, responsable technique des produits et des projets de la société eSaver GmbH

Le marché allemand de l'électricité est actuellement confronté à de nombreux défis. D'une part, l'ensemble du secteur se dirige vers les énergies renouvelables, notamment l'énergie solaire et éolienne. D'autre part, l'électromobilité connaît une demande en constante augmentation. Dans ce contexte, le développement des infrastructures de recharge et l'intégration des véhicules électriques dans le réseau électrique constituent des enjeux majeurs. Les acteurs du secteur doivent également faire face à des aspects tels que la production décentralisée d'énergie et le stockage, la digitalisation avec les réseaux intelligents, et bien d'autres. Cependant, un facteur de conflit, qui ne concerne pas seulement les particuliers mais surtout les entreprises, est actuellement en tête de liste : les coûts élevés et toujours croissants de l'électricité. En matière de commerce et de prix de l'énergie, mais aussi concernant la qualité actuelle de notre réseau, il est donc difficile de trouver des solutions adaptées. Dans un usage normal, nous ne remarquons certes pas les fluctuations d'injection, mais de nombreuses applications dans le milieu professionnel rencontrent des problèmes à ce niveau, et des goulots d'étranglement peuvent, dans le pire des cas, entraîner des arrêts de production.

La société eSaver, basée à Ehningen, promet de résoudre ce dilemme. Le fournisseur travaille depuis de nombreuses années sur des solutions globales pour la fourniture d'énergie à l'échelle de l'entreprise, grâce à des combinaisons intelligentes de matériel et de logiciels. Cette optimisation de la consommation d'électricité et du réseau permet de réduire la consommation interne des entreprises jusqu'à 24 %, tout en maintenant les performances et avec un temps d'amortissement de trois à cinq ans. Comment y parvenir de manière personnalisée pour chaque client et qu'est-ce qui rend la méthode eSaver si particulière ? Michael Hartmann l'explique dans un entretien avec le DIGITAL FUTUREmag.

DIGITAL FUTUREmag : Monsieur Hartmann, parmi les plus de 160 entretiens que nous avons menés dans le DIGITAL FUTUREmag avec des expertes et experts IT, des dirigeantes et dirigeants et des décideuses et décideurs, aucun sujet n'a jusqu'à présent montré avec autant de clarté les possibilités de la digitalisation dans la vie quotidienne et ses impacts concrets, voire ses résultats en faveur d'une Green IT durable. Vous portez le projet eSaver depuis longtemps déjà. Qu'est-ce qui vous motive le plus dans cette démarche ?

Michael Hartmann : Chaque matin, je me lève avec la satisfaction de faire un travail vraiment utile : aider les entreprises à réduire durablement leurs coûts énergétiques tout en contribuant à la protection de l'environnement et du climat. Car qui consomme moins d'électricité réduit également les émissions de CO₂. Nos clients bénéficient d'avantages significatifs : grâce à la technologie eSaver, ils économisent de l'énergie électrique, améliorent la qualité du réseau local, prolongent la durée de vie des appareils électriques et évitent même les pannes dues aux micro-coupures. Tout cela se traduit par des économies substantielles. Dans le cadre de la transition énergétique, il est essentiel d'exploiter tout le potentiel d'économies afin de réduire les efforts et les coûts d'investissement dans les installations de production d'énergie durable. Imaginez les conséquences si tous les (grands) consommateurs d'électricité pouvaient économiser ne serait-ce que 10 % grâce à la méthode eSaver ! D'autant plus que l'objectif est de réorienter la consommation d'énergie dans les domaines de la mobilité et du chauffage des énergies fossiles vers l'électricité. Il faut donc prendre en compte chaque possibilité d'économie.

DIGITAL FUTUREmag : Selon les données du ministère fédéral de l'Économie et de l'Énergie (BMWi) de 2020, la part de la consommation électrique industrielle dans la consommation électrique totale en Allemagne s'élevait à environ 43 %. Même si une petite partie des acteurs de ce secteur utilisait eSaver, d'énormes coûts pourraient être économisés et d'importantes réductions de CO₂ pourraient être réalisées. Pourquoi votre solution n'est-elle jusqu'à présent que peu répandue ?

Michael Hartmann : Malheureusement, notre technologie révolutionnaire n'est pas encore aussi connue et répandue que, par exemple, les installations photovoltaïques ou les lampes LED. C'est pourquoi nous devons convaincre beaucoup nos clients potentiels : nous nous appuyons sur de nombreuses références issues de différents secteurs et sur le fait que le TÜV Rheinland, après une mesure de longue durée, a certifié que la méthode eSaver permet d'obtenir une économie d'énergie significative ainsi qu'une contribution à la stabilité du réseau et à l'augmentation de la sécurité d'approvisionnement. Une fois l'installation eSaver en place, nous ne pouvons pas toujours compter sur des recommandations, car certains clients considèrent les économies réalisées comme un avantage concurrentiel et ne souhaitent pas les « crier sur tous les toits ».

DIGITAL FUTUREmag : Vous parlez d'une économie d'électricité maximale de 24 % – soit près d'un quart. C'est une somme considérable. Expliquez-nous brièvement le principe sur lequel repose ces effets d'économie.

Michael Hartmann : Une économie de 24 % est un cas exceptionnel – c'est une valeur maximale dont nous sommes fiers. En règle générale, l'économie se situe entre 10 et 18 %. Elle repose principalement sur la technologie de champ magnétique des installations eSaver :
Le cœur de cette technologie est un transformateur spécialement développé avec une structure particulière. Dans le noyau de fer de ce transformateur, un champ magnétique se crée, qui absorbe les harmoniques indésirables du réseau électrique local et restitue l'énergie qu'elles contiennent aux consommateurs. Nous aimons qualifier ce processus de « récupération ». Simultanément, grâce à cette structure spécifique, nous réalisons une régulation automatique de la tension – afin de saturer le champ magnétique tout en maintenant la tension à un point de fonctionnement optimal, dépendant de l'installation. Cela nous permet de réduire les pertes dans les câbles, les points de connexion et les composants électriques du réseau local, ce qui, à son tour, permet d'économiser de l'énergie.

DIGITAL FUTUREmag : Dans quelle mesure les logiciels et matériels modernes soutiennent-ils cette technologie ?

Michael Hartmann : Lors de la constitution de nos ensembles d'appareillages de commutation, nous n'utilisons que des composants éprouvés de fabricants renommés. Nos installations sont équipées d'une commande Siemens S7 et de notre propre logiciel développé en interne, qui traite l'entrée de divers paramètres électriques et assure ainsi le processus de régulation entièrement automatique. Grâce à un écran tactile intégré à la partie commande des installations eSaver, nos monteurs ou l'exploitant de l'installation peuvent consulter les valeurs mesurées et les états de fonctionnement. Parallèlement, les données enregistrées par l'installation sont transmises via une connexion mobile à notre serveur à Ehningen. Ainsi, en cas de panne, nous pouvons par exemple assister un technicien de maintenance sur place et, le cas échéant, l'aider à identifier ensemble la cause. Une connexion à un système de gestion de l'énergie côté client, par exemple, est également possible via une interface.

DIGITAL FUTUREmag : Parmi vos clients figurent, en plus des entreprises industrielles, de grandes structures de l'administration publique ou encore une caisse d'épargne. À qui s'adresse eSaver et à partir de quelle consommation l'utilisation devient-elle rentable ?

Michael Hartmann : Nos installations sont généralement rentables pour tous les consommateurs d'électricité des secteurs mentionnés. La règle empirique : à partir d'une consommation mensuelle d'environ 10 000 kilowattheures, une installation eSaver devient rentable, avec un bon délai d'amortissement.

DIGITAL FUTUREmag : Dans vos brochures, vous indiquez un délai d'amortissement de 3 à 5 ans. Cela inclut-il déjà les coûts d'entretien en cours ?

Michael Hartmann : Les coûts d'entretien ne sont pas inclus – ils sont si faibles qu'ils ne pèsent pas dans la balance. D'ailleurs, en raison de la hausse des prix de l'électricité, il y a de plus en plus de cas où le délai d'amortissement est inférieur à 3 ans. L'eSaver a l'avantage de se financer à partir des économies réalisées.

DIGITAL FUTUREmag : Quels sont les autres avantages de votre approche, en plus des économies réalisées ?

Michael Hartmann : Premièrement, nos installations améliorent la qualité du réseau électrique local. Grâce à la récupération et à l'atténuation des harmoniques, les consommateurs électriques chauffent moins, ce qui prolonge leur durée de vie. De plus, cela évite un impact négatif sur les dispositifs de protection.

Deuxièmement, l'utilisation de nos installations présente également des avantages pour le fournisseur d'électricité ou le gestionnaire de réseau : en tant qu'« installation utile pour le réseau », notre technologie empêche les perturbations du réseau local de se propager vers le réseau électrique général. Les lignes, les points de connexion et les composants sont moins sollicités – une bonne nouvelle pour les gestionnaires de réseau et les fournisseurs d'électricité.

Troisièmement, nos installations ont la capacité de surmonter les micro-coupures allant jusqu’à 30 millisecondes, et dans certains cas jusqu’à 60 millisecondes grâce à une surdimensionnement spécifique des installations clients. Nous évitons ainsi les pannes des commandes sensibles. Les conséquences d’un tel événement seraient dramatiques : interruption des processus machines, arrêt des programmes CNC, erreurs de production pouvant aller jusqu’à la casse d’outils. Les opérateurs ou techniciens de maintenance doivent redémarrer les installations. Tout cela coûte cher. Les entreprises confrontées à ces micro-coupures de tension devraient donc nous contacter sans faute.

DIGITAL FUTUREmag : Existe-t-il des possibilités de subventions publiques pour l’acquisition ou l’exploitation ?

Michael Hartmann : Oui, depuis 2019, le BAFA reconnaît notre technologie comme éligible à des subventions et prend en charge 40 % de l’investissement dans une installation eSaver pour les PME et 30 % pour les grandes entreprises – un avantage considérable pour nos clients. La demande est déposée dans le module 3 « Instrumentation, capteurs et logiciels de gestion énergétique ». Nous accompagnons nos clients avec plaisir, prenons en charge le processus de demande, y compris la fourniture de tous les documents nécessaires. Cette subvention s’applique aux modes de financement achat, location-vente et contrat de performance (ici au profit du contractant), elle n’est pas applicable en cas de leasing.

DIGITAL FUTUREmag : Comment se déroule la pose ou l’installation de l’installation ? Quel est l’effort requis pour les entreprises qui optent pour votre technologie ?

Michael Hartmann : Pour une installation sur site, le temps nécessaire varie selon l’ampleur des prestations. Il y a une nette différence selon qu’il faille monter une ou plusieurs installations sur un même site. Des facteurs comme la situation d’introduction et les câblages nécessaires jouent également un rôle.
Dans une situation standard – l’installation d’une seule unité –, nous avons besoin d’environ une journée pour le placement et le câblage, puis d’une autre journée pour l’intégration et la mise en service de l’eSaver. Le troisième jour, nous réalisons des tests de fonctionnement et formons le personnel responsable du client à l’utilisation et à la technique. Globalement, l’effort pour les entreprises reste raisonnable : pour établir une première offre, il faut rassembler quelques données comme la consommation annuelle d’électricité, le prix du kWh, le profil de charge et les caractéristiques du transformateur. Nous prenons volontiers en charge la demande BAFA en tant que service pour le client, afin de le soulager. Pour l’installation sur site, des accords de planning sont nécessaires.

DIGITAL FUTUREmag : Notre magazine est lu par de nombreuses entreprises logicielles et également par des exploitants de centres de données. Leur consommation d’électricité est particulièrement élevée. Utiliser l’eSaver dans ce contexte serait donc presque obligatoire, n’est-ce pas ?